BIDE DE LA GRANDVILLE (Louis), maître des requêtes au Parlement de Rennes. BIGNON (Armand-Jérôme), neveu du précédent et son successeur dans la charge de bibliothécaire du Roi. Il naquit le 17 octobre 1711, et mourut le 8 mai 1772. Il avait été conseiller d'Etat, commandeur prévôt et maître des cérémonies du Roi, prévôt des marchands de Paris, membre de l'Académie française et membre honoraire de celle des Inscriptions et Belles-Lettres. Tous les livres que ce bibliophile avait fait relier étaient en maroquin rouge à tranche dorée, avec encadrement d'or sur les plats. BIGOT En Normandie. La bibliophilie semble avoir été une passion héréditaire dans cette ancienne et puissante famille. Depuis un temps immémorial, chacun de ses membres collectionnait manuscrits, tableaux, médailles et autres monuments de l'art. Mais celui qui le premier prit rang parmi les plus célèbres amateurs fut sans contredit Jean Bigot, sieur de Sommesnil et de Cleuville, doyen de la cour des Aides de Normandie. "Jean Bigot, écrit le P. Jacob en 1649, a une grande cognoissance des bons livres desquels il a fait une magnifique bibliothèque, composée de plus de six mille volumes, entre lesquels il y a plus de cinq cent manuscrits très bons et bien rares, lesquels il communique facilement à ceux qui en ont besoin pour le public, en quoy il sera à jamais louable". Les livres imprimés qu'il avait réunis étaient tous remarquables par leur conservation et par le choix des exemplaires. Les lettres anciennes et modernes avaient une large part, et presque toutes sortaient des plus fameuses imprimeries. Il s'était particulièrement appliqué à la recherche des manuscrits et ne reculait devant aucuns sacrifices pour s'approprier ceux qui lui paraissaient avoir quelque valeur. Le plus grand nombre lui vint de quelques-uns de ses compatriotes savants et lettrés comme lui, tels que: Jean de La Lande; Guillaume du Chemin, de Rouen; Gabriel Dumoulin: G. de La Mare et Louis Martel. "Mais, dit M. Léopold Delisle, il puisa surtout dans les bibliothèques monastiques, qui, au commencement du XVIIème siècle, étaient en quelque sorte à l'abandon. Il fut assez heureux pour acquérir beaucoup de manuscrits de Fécamp, qu'un grand prieur, nommé Campion, n'avait pas craint de vendre à vil prix. Il recueillit encore d'importants débris des anciennes bibliothèques de Conches, du Mont-Saint-Michel, de Saint-Etienne de Caen, de Saint-Taurin d'Evreux, de Valasse, de Valemont, de Saint-Wandrille, du prieuré de Bonne-Nouvelle, de la cathédrale d'Evreux et de l'Eglise d'Ecouis". Jean Bigot laissa de Barbe Groulart, sa femme, fille de Claude, premier président au parlement de Rouen: Jean, seigneur de Sommesnil, conseiller au parlement de Normandie; Nicolas, seigneur de Cleuville, qui succéda à la charge de son père, et Louis-Emeric que ses talents, son vaste savoir et son amour des livres illustrèrent au XVIIème siècle. Emeric Bigot naquit au mois d'octobre 1626 et mourut le 18 décembre 1689. La bibliothèque de son père lui échut en partage, et ce riche dépôt s'augmenta considérablement entre ses mains. Il fit dans ce but de fréquents voyages en France, en Italie, en Hollande, en Allemagne et en Angleterre. Pour se livrer tout entier à ses goûts littéraires et scientifiques, il s'éloigna, au dire de Moréri, de toutes sortes d'emplois. Il fit de sa maison et de sa bibliothèque le rendez-vous de tous ceux qui cultivaient les lettres et les sciences. Là, savants et curieux se réunissaient, chaque semaine, pour traiter, sous sa présidence, des questions d'histoire, de philosophie et de littérature. Afin d'empêcher la dissipation de sa Bibliothèque que l'on estimait à près de 40,000 livres, Emeric Bigot la substitua dans sa famille. Par une disposition testamentaire il voulut qu'on réunît sa bibliothèque particulière à celle de son père, sans pourtant les confondre; et dans le cas où la première collection viendrait à être vendue, que la sienne propre appartînt intacte au chapitre de Rouen. A sa mort, cette bibliothèque fut confiée à Robert Bigot, sieur de Montville, conseiller au parlement de Paris, avec fonds considérable pour l'augmenter annuellement. Cependant, lorsque Robert Bigot vint à mourir, tous ces trésors littéraires amassés depuis longues années avec tant de soins, de labeurs, de goût et de persévérance, furent acquis en bloc par des libraires et vendus en détail en 1706. A cette vente, l'abbé de Louvois, alors garde de la Bibliothèque du Roi, acheta pour cet établissement tous les manuscrits ainsi qu'un grand nombre de livres imprimés. Les libraires insérèrent dans le catalogue que rédigea Gabriel Martin beaucoup d'ouvrages qui avaient appartenu à la famille de Mesmes. Afin de dissimuler leur supercherie, ils abîmèrent sans vergogne d'adorables et somptueuses reliures pour enlever des plats les armes de cette famille. Voy. Mesme. La Bibliothèque publique de Rouen conserve ce qu'on appelle les Manuscrits Bigot, 18 vol. in-f°, qui lui ont été légués par le marquis de Martainville. Ces manuscrits contiennent des documents curieux non-seulement sur la famille Bigot, mais encore sur beaucoup d'autres membres du Parlement de Normandie, relatés jour par jour et appuyés de preuves. BIGOT Sieur de La Turgère (Guillaume), conseiller au Parlement de Rouen, vers 1647. Bigot de la Turgère, collatéral des précédents, ainsi qu'on voit par la brisure de ses armes, avait aussi une riche bibliothèque; mais il ne paraît pas qu'elle fût mêlée à celle de ses illustres parents. Toutefois, elle recelait des ouvrages que n'aurait certes pas dédaignés L.-E. Bigot, tels que des Aldes, des Elzeviers, et autres monuments des plus célèbres imprimeries. Elle contenait encore plusieurs manuscrits très curieux et très anciens, dont quelques-uns sont conservés aujourd'hui soit à la Bibliothèque de l'Arsenal, soit à la Bibliothèque Impériale. BIRON (DE) (Louis-Antoine-Contaut, duc), maréchal de France arrière petit-neveu du duc de Biron, exécuté sous Henri IV, et oncle de Biron-Lauzun, exécuté le 31 décembre 1793. La collection du duc de Biron était celle d'un grand seigneur: nombreuse et richement habillée. BIZEAU (Claude-Gabriel), auditeur à la chambre des Comptes, reçu en 1704, mort vers 1734. La Bibliothèque de cet amateur ne contenait guère que des ouvrages de droit et de science.
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